Lorsqu’elle pousse pour la première fois la porte des Ateliers de Mons en 2018, Sandrine ne connaît absolument rien à la transcription braille. Employée administrative, elle a simplement répondu à une offre d’emploi.
Huit ans plus tard, et depuis le 1er août, elle est officiellement monitrice du Centre de transcription braille (CTB).
Entre les deux ? Un métier découvert, une expertise construite, de la confiance gagnée et, surtout, la conviction d’avoir trouvé un travail qui a du sens.
Avant d’arriver aux Ateliers de Mons, Sandrine ne connaît donc pas la transcription braille. Mais l’intérêt est immédiat.
Ce qui la séduit ? La technicité du métier, bien sûr, mais surtout le sens des missions qui lui sont confiées. Derrière chaque document adapté, il y a une personne qui doit pouvoir accéder à la même information que les autres, étudier, apprendre ou passer un examen dans de bonnes conditions.
Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, transcrire en braille ne consiste pas simplement à remplacer des lettres par des points.
Sandrine en sourit : lorsqu’elle explique son métier, certains l’imaginent institutrice, d’autres pensent qu’elle utilise une sorte de machine à écrire qui transforme automatiquement les caractères en braille. D’autres encore pensent qu’il suffit… d’agrandir la police !
Même certains enseignants ont voulu tenter l’expérience eux-mêmes avant de revenir assez rapidement vers le CTB😉
Car derrière une transcription se cachent un véritable savoir-faire, des règles précises et un important travail d’adaptation.
Parmi les réalisations dont Sandrine est particulièrement fière, il y en a une toute récente : la transcription de l’ensemble des épreuves certificatives de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
CEB, CE1D, CESS… Derrière ces acronymes, il y a surtout des élèves déficients visuels ou aveugles qui peuvent, eux aussi, présenter leurs examens grâce au travail réalisé par l’équipe.
Et c’est précisément là que Sandrine retrouve ce qui l’a attirée dès ses débuts : le sens de son travail.
Ces huit années lui ont aussi beaucoup apporté personnellement.
« J’ai gagné en confiance en moi »
Sandrine avait déjà connu des emplois dans lesquels elle s’était sentie épanouie. Elle ne pensait pas forcément retrouver un jour ce même sentiment ailleurs. Et pourtant…
« Je ne viens jamais travailler les pieds de plomb »
Depuis le 1er août, une nouvelle étape a commencé. Sandrine a officiellement repris la fonction de monitrice du CTB, succédant à Nathalie.
Une transition préparée bien en amont. Dès 2025, un plan de succession avait été mis en place afin que Nathalie puisse progressivement lui transmettre son expérience et l’accompagner vers ses nouvelles responsabilités.
Sandrine vit cette évolution sereinement et, surtout, comme une reconnaissance de la qualité du travail accompli au cours de ces dernières années.
De Nathalie, elle souhaite notamment conserver une qualité : sa rigueur.
Pas vraiment de crainte face à cette nouvelle fonction. Sandrine se décrit comme quelqu’un de positif et regarde déjà vers l’avenir.
Son ambition est claire : faire perdurer le Centre de transcription braille, mais aussi continuer à le développer.
Diversifier les métiers, explorer de nouvelles méthodes, toucher de nouveaux clients… Sans perdre ce qui fait la raison d’être du CTB : rendre l’information et les contenus accessibles aux personnes déficientes visuelles.
Et quel type de monitrice souhaite-t-elle être ?
Ses collègues ont déjà leur petite idée : ils la trouvent « maternante ». Elle l’assume… jusqu’à un certain point. Car Sandrine tient tout de même à préciser qu’elle sait aussi se montrer ferme quand c’est nécessaire !
Ce qui la retient aux Ateliers de Mons après huit années ? Sandrine cite spontanément la bonne ambiance, le cadre de travail et la dimension humaine.
Et lorsqu’une journée est un peu plus compliquée, elle a son remède : un bon café.
Une fois rentrée à la maison ? Là, elle reconnaît volontiers qu’un verre de vin peut prendre le relais😉
Et puisqu’un portrait est aussi l’occasion d’apprendre quelque chose que les collègues ne savent peut-être pas encore : Sandrine s’initie actuellement au handpan, cet instrument aux sonorités douces et enveloppantes.
Pour terminer, Sandrine a quelques mots pour celle qui l’a accompagnée vers cette nouvelle étape :
« Merci pour tous les apprentissages et pour cette transmission. Je vais essayer d’en être digne, pour faire perdurer le service et continuer à le développer »
De la découverte totale du braille à la responsabilité du CTB, huit années se sont écoulées.
La suite reste à écrire. Ou plutôt, dans le cas de Sandrine, à transcrire.