Actualités entreprise de travail adapté

Un nouveau bâtiment pensé d'abord pour ses travailleurs : le pari des Ateliers de Mons

Rédigé par Domenica Butera | 28-mai-2026 9:38:54


Le 12 mai dernier, nous avons déposé le permis pour un nouveau bâtiment dans le zoning Initialis, à la sortie de l'autoroute à Mons. Mais nous n'avons pas dessiné un hangar avant d'y caser nos équipes. Nous avons fait l'inverse : nous sommes partis des besoins de nos travailleurs en situation de handicap et le bâtiment a suivi.

Au sommaire de cet article :

Un dépôt de permis qui dépasse la simple formalité

Le 12 mai 2026, notre demande de permis d'urbanisme est partie. Direction : le zoning Initialis 2.0, à Mons, juste à la sortie de l'autoroute. Un dépôt de dossier, sur le papier, ça n'a rien de spectaculaire. Et pourtant, un simple message annonçant la nouvelle a suffi à attirer la presse régionale : Télé MB et Sudinfo s'en sont fait l'écho dans les jours qui ont suivi.

Pourquoi cet intérêt ? Parce que ce projet raconte autre chose qu'une histoire de mètres carrés !

Voilà soixante ans que nous sommes installés à Ghlin, sur le site des Amis des Aveugles. Nos locaux actuels nous ont bien servi, mais ils ne suivent plus : manque de place, isolation vieillissante, une lumière mal maîtrisée et inconfortable pour nos collègues malvoyants, des espaces où l'on se repère mal, et même un accès devenu compliqué pour nos fournisseurs.

Quand on accompagne chaque jour 80 collaborateurs, dont 70 reconnus par l'AVIQ, ces détails ne sont pas des détails. Ils décident du confort, de l'autonomie et de la sécurité de chacun. Ce nouveau bâtiment, c'est donc bien plus qu'un déménagement. C'est l'occasion de repenser, de zéro, ce que devrait être un lieu de travail vraiment adapté.

 

Notre parti pris : partir des besoins, pas des plans


Nous avons travaillé plus d'un an sur ces plans avec le cabinet Wax Architecture. Un an, ce n'est pas rien pour un bâtiment industriel. Mais nous tenions à une chose, et nous nous y sommes accrochés : que le projet réponde aux préoccupations de toutes les parties prenantes sans nous dévoyer sur ce qui est essentiel pour nous.

Cet essentiel, le voici.

D'habitude, on construit un bâtiment, puis on l'adapte tant bien que mal aux personnes qui l'occuperont. Nous avons refusé cette logique. Chez nous, l'accessibilité n'est pas une couche qu'on ajoute à la fin. Elle a structuré chaque décision, dès le premier coup de crayon.

Pour ne rien laisser au hasard, les plans sont passés entre beaucoup de mains expertes. Des instructeurs en mobilité ont validé les cheminements de nos travailleurs, pas à pas. L'asbl Plain-Pied a formulé ses recommandations d'accessibilité. La Ville de Mons, l'intercommunale IDEA et le fonctionnaire délégué ont chacun apporté leur regard. Cette confrontation des points de vue, loin de nous freiner, nous a aidés à ne céder sur rien d'important.

Et la première décision, la plus structurante, a été prise avant même de dessiner le bâtiment : celle du lieu : le zoning Initialis, à Mons, juste à la sortie de l'autoroute. Un site accessible en transports en commun, à la sortie d'autoroute, facile à rejoindre. Parce qu'un bâtiment exemplaire au bout d'une route impraticable ne sert à personne.

 

Quatre piliers pour un bâtiment qui a du sens


Pour traduire cette conviction en réalité concrète, nous avons posé quatre exigences.
Quatre piliers qui ont guidé chaque choix, de l'implantation jusqu'au moindre revêtement de sol.

  • L'accessibilité, d'abord et avant tout : un lieu où chacun, quel que soit son handicap, se déplace et travaille en confiance.
  • L'opérationnalité : un outil réellement adapté à nos métiers, à nos machines et à notre façon de travailler en équipe.
  • La modularité : des espaces capables d'évoluer au rythme de nos activités, sans tout reconstruire.
  • L'environnement : un bâtiment sobre, durable, qui respecte la planète autant que ceux qui l'occupent.


Voici, pilier par pilier, ce que cela donne concrètement.

Accessibilité : trouver son chemin sans jamais hésiter


C'est sans doute là que notre démarche se voit le mieux. Pour une personne malvoyante, pour quelqu'un qui se déplace en fauteuil, ou simplement pour celui qui découvre les lieux, le pire ennemi, c'est le doute : où aller, par où passer, est-ce que je suis au bon endroit. Tout le bâtiment a été pensé pour faire disparaître ce doute. Y compris pour les personnes aveugles, trop souvent oubliées des normes d'accessibilité en entreprise.


Du parking à l'atelier, un parcours qui se devine

Première règle : les piétons et les voitures ne se croisent pas.
Deux accès distincts, des revêtements de sol différents sous les pieds, une signalétique propre à chacun. On sait, sans réfléchir, si l'on marche sur un chemin pour soi ou sur une voie de circulation.

Ensuite, l'accès piéton file en ligne droite jusqu'à l'accueil.
Pas de détour, pas de virage à deviner. Et le long de ce trajet, le trottoir prend la forme d'un couloir qui guide naturellement vers l'entrée des travailleurs. Le bord se suit du pied, de la canne, du regard. Il devient un repère sensoriel : on avance en confiance parce que l'environnement nous parle.

Petit détail qui change tout : l'entrée des travailleurs est placée en léger retrait, tandis que celle de l'accueil reste alignée à la façade. Résultat, on ne confond pas les deux. Chacun trouve sa porte du premier coup. Et comme l'ensemble est de plain-pied, sans la moindre marche, le parcours reste praticable pour une personne en fauteuil roulant comme pour qui pousse un chariot.


Tout au même endroit pour éviter les détours inutiles

À l'intérieur, même logique. Un seul et unique couloir de distribution dessert l'ensemble, totalement dégagé, assez large pour que deux personnes se croisent sans gêne. Pas de labyrinthe, pas de cul-de-sac.

Les espaces du quotidien — sanitaires, cafétéria, coin détente — sont regroupés dans un même secteur.
Inutile de traverser tout le bâtiment pour aller se changer ou prendre une pause. Et depuis ces espaces, ce même couloir mène directement aux ateliers. Moins de pas, moins de fatigue, plus d'autonomie. Pour des travailleurs dont certains se déplacent avec difficulté, c'est tout sauf anecdotique.

Un bâtiment qui se comprend du premier coup d'œil


L'accessibilité, c'est aussi un lieu qu'on lit facilement.
Le bâtiment se divise en deux blocs de plain-pied, séparés par le couloir central : d'un côté les ateliers, de l'autre les bureaux. Et pour qu'on les distingue au premier regard, ils ne portent même pas le même habit. Du béton pour les ateliers, une tôle perforée pour les bureaux. La matière elle-même dit la fonction.

La lumière, ensuite. C'était l'un de nos gros points faibles à Ghlin et pourtant une des plus grandes exigences pour une personne déficiente visuelle, on l'a traitée avec un soin particulier.
Les ateliers reçoivent la lumière du jour par des toitures en sheds, dont la face vitrée est tournée vers le nord : on capte une clarté douce et constante, sans éblouissement ni ombres portées qui gênent le travail de précision.

Sur le bloc bureaux, la tôle perforée filtre la lumière et adoucit les contrastes violents.
Cette enveloppe extérieure donne aussi au bâtiment une identité contemporaine et limite les surchauffes en façade. L'idée n'est jamais d'avoir « plus » de lumière, mais la bonne lumière, là où il faut.

Les contrastes, enfin, recevront la même attention au moment d'aménager les intérieurs : un mur, une porte, une marche doivent se repérer sans effort. Tout cela poursuit un but simple. Réduire la charge mentale. Que personne n'ait à fournir d'énergie juste pour comprendre où il se trouve.


Opérationnalité : un outil de travail à la hauteur de nos métiers


Un bâtiment accessible qui ne permettrait pas de bien travailler n'aurait aucun sens.
Nos ateliers accueillent des activités variées — conditionnement, travail du carton, vannerie, transcription, espaces verts,... — chacune avec ses machines et ses contraintes. Le bâtiment devait suivre.


Nous avons donc prévu de la hauteur : plus de six mètres sous plafond, pour stocker en hauteur et libérer le sol. Les murs des ateliers resteront aveugles, sans fenêtres, justement pour qu'on puisse entreposer contre eux sans rien perdre. Les grands ouvrants de quatre mètres sur quatre laisseront passer marchandises et engins, avec des accès pensés pour les camions et les véhicules techniques, et des issues piétonnes séparées pour la sécurité.

À l'intérieur, les ateliers s'étendent d'un seul tenant, sans poteaux qui gênent. C'est essentiel pour le travail en équipe, parfois à la chaîne, qui fait le quotidien d'une Entreprise de Travail Adapté. Les espaces de circulation sont assez larges pour que les engins manœuvrent sans accroc. Et les bureaux des moniteurs sont placés de façon à garder un œil bienveillant sur l'activité, pour accompagner sans surveiller.


Modularité : pensé pour évoluer avec nos activités


Un bon bâtiment ne répond pas qu'aux besoins d'aujourd'hui. Il doit pouvoir accompagner nos évolutions, et tenir ses promesses dans vingt ans.

Nos ateliers sont conçus comme un jeu de blocs. Les murs porteurs sont aux extrémités ; les cloisons internes, elles, ne portent rien. On peut donc agrandir un atelier, en réduire un autre, reconfigurer un espace selon un nouveau marché, sans gros œuvre.

Et comme tous les ateliers se touchent, créer un nouveau département revient simplement à ajouter des blocs dans le prolongement. Le bâtiment grandira au rythme de nos activités, sans jamais nous enfermer dans une configuration figée.

Environnement : durable, sobre, bien dans son époque


Le quatrième pilier coulait de source : un projet pensé pour les gens devait l'être aussi pour la planète.


Les toits en sheds, pleins sur leur face sud, accueilleront des panneaux solaires. La tôle perforée des bureaux fait barrière à la chaleur, ce qui nous évite la climatisation — une simple batterie froide sur la ventilation suffira. Le toit plat des bureaux sera végétalisé de sédum, pour l'isolation et la gestion des pluies. L'eau de pluie, justement, sera récupérée et réutilisée. Quant au chauffage, il passera par le sol : on réchauffe l'espace utile, jusqu'à 2,50 m, sans gaspiller à chauffer des volumes vides de six mètres de haut.

Rien d'extravagant dans tout cela. Juste du bon sens, mis au service des gens et de la planète.

 

Comment les Ateliers de Mons peuvent vous aider ?


Ce projet de bâtiment dit quelque chose de nous qu'aucune brochure ne dira aussi bien : nous sommes là pour durer ! Depuis 1965, les Ateliers de Mons concilient mission sociale et exigence professionnelle, en tant qu'Entreprise de Travail Adapté (ETA). Investir aujourd'hui dans un outil pensé pour les soixante prochaines années, c'est une preuve d'engagement autant qu'une promesse de fiabilité.

Cette même rigueur, ce même soin du détail que nous avons mis dans nos plans, nous les mettons chaque jour au service de nos clients.

Que vous ayez besoin de :


vous travaillez avec une équipe qui sait ce que veut dire « bien faire ». Faire appel à nous, c'est confier votre besoin à des professionnels, tout en soutenant un projet d'inclusion ancré dans le Hainaut.


 

Pour en savoir plus

 

 

 

Vos questions

 

Où sera construit le nouveau bâtiment des Ateliers de Mons ?

Le nouveau bâtiment s'implantera dans le zoning Initialis 2.0, à Mons, à proximité immédiate de la sortie de l'autoroute. Ce choix d'emplacement, facilement accessible, a été l'une des toutes premières décisions du projet, avant même la conception du bâtiment lui-même.

Quand le nouveau bâtiment sera-t-il terminé ?

La demande de permis d'urbanisme a été déposée le 12 mai 2026. Le projet doit encore passer par la validation du fonctionnaire délégué et par les délais propres à la procédure urbanistique. Si tout se déroule comme prévu, le bâtiment pourrait être achevé d'ici la fin de l'année 2027.

 

En quoi ce bâtiment est-il adapté aux personnes en situation de handicap ?

L'accessibilité a guidé l'ensemble de la conception : séparation des flux piétons et véhicules, cheminements en ligne droite avec repères sensoriels, signalétique et contrastes étudiés, lumière naturelle maîtrisée pour le confort des malvoyants, bâtiment entièrement de plain-pied, et regroupement des espaces de vie pour limiter les déplacements. Des instructeurs en mobilité et l'asbl Plain-Pied ont validé ces choix.

Qui a conçu le nouveau bâtiment ?

Les plans ont été élaborés avec le cabinet Wax Architecture, au terme de plus d'un an de travail. Ils ont été enrichis par les recommandations d'instructeurs en mobilité, de l'asbl Plain-Pied, de la Ville de Mons, de l'intercommunale IDEA et du fonctionnaire délégué.

Les Ateliers de Mons restent-ils accessibles pendant le projet ?

Oui. Nos activités et nos services se poursuivent normalement. Ce nouveau bâtiment prépare l'avenir, mais notre équipe reste pleinement mobilisée pour accompagner ses clients aujourd'hui depuis nos installations actuelles à Ghlin